Dans la catégorie « jeux au destin atypique », State of Decay 3 aura quand même l’art de se poser-là. Annoncé en 2020, alors même que, de la confession du boss du studio, il n’était encore rien de plus qu’un simple « document Word », le titre se sera longtemps fait désirer. Tellement longtemps, d’ailleurs, qu’après avoir débuté sous la coupe de Microsoft, le projet a finalement changé de propriétaire cet été, Undead Labs faisant malheureusement partie des quatre studios abandonnés par Xbox à l’issue de sa dernière restructuration. Mais qu’à cela ne tienne, c’est quand même sur le stand de la firme verte que nous avons pu approcher le jeu pendant une petite heure… qui n’aura pas laissé beaucoup de place à de quelconques surprises.

Un monde systémique plein de dangers

En effet, si vous avez déjà approché la franchise d’Undead Labs par le passé, alors vous n’aurez aucun mal à retrouver vos marques avec State of Decay 3, qui n’entend absolument pas bouleverser la formule mise en place jusqu’à présent. Dans ce nouvel opus comme dans les autres, l’objectif reste le même : réussir à se construire une communauté de survivants dans un monde envahit par les zombies, tout en organisant des expéditions au sein d’un vaste monde pour trouver les ressources nécessaires à cet effet. Et à ce titre, les développeurs nous l’ont promis : les joueurs peuvent s’attendre à un grand univers de type bac-à-sable, où on ne peut jamais prévoir à l’avance ce qui va se passer.

State of Decay 3
© Undead Labs / Xbox Game Studios

Oui, State of Decay 3 sera bien de ces jeux à l’approche systémique, où ennemis comme ressources apparaîtront constamment de façon aléatoire de sorte à pouvoir maintenir le frisson du danger en toute circonstance. De fait, si vous espériez vous trouver un bon spot de farm pour obtenir des ressources facilement et en grande quantité, détrompez-vous. Non seulement celles-ci n’apparaîtront jamais au même endroit, ce qui vous forcera à prendre des risques en explorant la zone de jeu, mais en plus vous ne serez jamais non plus à l’abri de tomber sur des nids, qui peuvent vous rapporter autant qu’ils ne peuvent vous coûter. Car qui dit grandes récompenses dit forcément grandes prises de risques, et ici le mot est faible.

Survie, gestion, action… State of Decay 3 reste dans ses clous

Dans un monde où chaque ressource vous est comptée, Undead Labs compte bien vous pousser dans vos retranchements en vous confrontant à des hordes de zombies, prêts à défendre coûte que coûte leur place sur un territoire marqué par de gigantesques points de contamination. Pour s’en défaire, et ainsi récupérer le contrôle de la zone en éloignant le danger, il va donc falloir sortir les armes et lutter jusqu’à ce que mort s’en suivre pour l’un ou l’autre des deux camps. Et croyez-nous, trois journalistes en coop n’étaient pas de trop pour relever le défi, qui n’a peut-être rien de très original ou inédit, mais qui fait toujours son petit effet quand on se retrouve à courir en implorant à l’aide tandis qu’une dizaine de zombies nous collent au train.

Car c’est là tout le paradoxe qui ressort du gameplay de State of Decay 3. Tout en nous poussant davantage à l’action, il n’a pourtant pas besoin de nous confronter à des hordes à la Days Gone pour nous procurer un sentiment de danger. Les développeurs ont largement insisté là-dessus lors de la présentation : le jeu ne met pas en scène des soldats, mais des survivants. Par conséquent, si un ou deux zombies peuvent facilement être gérés, cela tend à devenir plus dangereux dès lors que trois à cinq zombies s’en prennent simultanément à nous. Et au-delà ? C’est la mort presque assurée. En sachant que, comme dans les premiers State of Decay, toute mort d’un personnage de votre communauté est définitive.

State of Decay 3
© Undead Labs / Xbox Game Studios

D’où l’intérêt, lors de votre exploration, de privilégier la discrétion autant que possible, en sachant que le bestiaire reste sensible au son ; mais aussi de prendre soin de votre communauté en veillant à ce qu’elle ne manque de rien. Après tout, c’est aussi cela, qui fait le sel d’une licence comme celle d’Undead Labs : le côté gestion qui accompagne la survie, et qui nécessite de gérer ses différents campements pour que tout puisse se dérouler au mieux. Notez d’ailleurs que, toujours dans l’idée de doter State of Decay 3 d’une approche systémique, tous les personnages croisés dans le jeu seront générés de manière procédurale. Archétype, identité, histoire, traits de caractères, forces et faiblesses, rien ne sera identique d’une partie à l’autre.

À plusieurs, l’apocalypse est plus folle

Et pour les joueurs qui le souhaitent, il sera tout à fait possible de construire une communauté en ligne avec d’autres joueurs, que l’on pourra inviter à rejoindre notre partie pour explorer notre monde librement. Mais attention, nous ont prévenu les développeurs. N’invitez pas n’importe qui dans votre session, car une personne dotée de mauvaises intentions pourrait y causer de sacrés dégâts. Et bien que le « game over » ne soit pas du genre à tomber très facilement dans un jeu comme State of Decay 3, où la partie continue tant qu’il y a des survivants à incarner dans vos différents campements, il reste tout de même possible de tout perdre et de devoir tout recommencer. Ce qui serait fort regrettable, vous en conviendrez.

State of Decay 3
© Undead Labs / Xbox Game Studios

Cela dit, il faut avouer que le titre d’Undead Labs semble parfaitement calibré pour la coopération, qui apporte un petit quelque chose supplémentaire à l’expérience. Du soin a été apporté par les équipes pour faire en sorte que le jeu laisse une grande liberté à tous les joueurs présents au sein d’une seule et même partie, qui peuvent par exemple se diviser pour mieux régner… ou mieux se faire tuer, au choix. En tout cas, c’est le sentiment que nous a laissé notre session coop avec deux de nos collègues journalistes. Reste maintenant pour le studio à peaufiner l’aspect technique du titre, plutôt joli au demeurant mais encore ouvertement marqué par des problèmes de finissions qui, heureusement, ont largement le temps d’être réglés.

La suite de State of Decay, tout simplement

Si l’on devait résumer grossièrement le sentiment que nous a laissé State of Decay 3, nous dirions le plus simplement du monde que… c’est du State of Decay. Sans trop de surprise, Undead Labs semble vouloir nous offrir un titre se situant dans la stricte continuité de ses deux prédécesseurs, qui proposaient déjà un mélange sympathique de survie et de gestion avec un soupçon d’action. Pour l’heure, rien ne semble réellement démarquer ce nouvel opus de ses prédécesseurs, qui devrait ainsi parvenir à attirer le même public sans trop de mal. Pour les autres, en revanche, ce n’est sans doute pas State of Decay 3 qui changera la donne. Mais au vu du contexte, rester fidèle à son public était de toute façon probablement la meilleure chose à faire pour le studio.